Tribunal Criminal Tribunal for the Former Yugoslavia

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1 Le jeudi 23 août 2007

2 [Audience publique]

3 [Les accusés sont introduits dans le prétoire]

4 Le témoin est introduit dans le prétoire]

5 --- L'audience est ouverte à 14 heures 16.

6 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Bonjour, Monsieur. Je vais vous

7 demander de donner lecture de la déclaration solennelle qui vous est remise

8 à l'instant.

9 LE TÉMOIN : [interprétation] Je déclare solennellement que je dirai la

10 vérité, toute la vérité et rien que la vérité.

11 LE TÉMOIN: SHERAFEDIN AJRULLAI [Assermenté]

12 [Le témoin répond par l'interprète]

13 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Je vous remercie. Veuillez vous

14 asseoir.

15 LE TÉMOIN : [interprétation] Merci.

16 Mme REGUE : [interprétation] Bonjour, Monsieur le Président, Madame,

17 Messieurs les Juges.

18 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Bonjour. Je suppose que c'est vous qui

19 allez procéder à l'interrogatoire du témoin ?

20 Mme REGUE : [interprétation] Oui.

21 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Merci.

22 Interrogatoire principal par Mme Regue :

23 Q. [interprétation] Bonjour, Monsieur Ajrullai. Est-ce que vous vous

24 souvenez avoir fourni une déclaration au bureau du Procureur en septembre

25 2004 ?

26 R. Oui.

27 Q. Est-ce que vous vous souvenez avoir rencontré quelqu'un du greffe qui a

28 apporté la certification de votre déclaration en l'estampillant en 2005 ?

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1 R. Oui.

2 Q. Est-ce que vous avez eu l'occasion de relire cette déclaration avant

3 d'entrer dans ce prétoire ?

4 R. Oui.

5 Q. Etes-vous convaincu que la déclaration que vous avez relue était

6 correcte et précise ?

7 R. Oui.

8 Mme REGUE : [interprétation] Je demande le versement de cette déclaration

9 du témoin en application de l'article 92 bis.

10 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Cette déclaration est versée au

11 dossier.

12 Mme LA GREFFIÈRE : [interprétation] Ce sera la pièce P403.

13 Mme REGUE : [interprétation] Ce témoin est un témoin d'appartenance

14 ethnique albanaise, un citoyen de Macédoine. Entre le 10 et le 12 août

15 2001, le témoin a entendu des coups de feu, et ce, en direction de

16 Ljuboten. Par conséquent, le témoin et sa famille ont cherché à se réfugier

17 dans la cave d'un voisin. Vers 17 heures le 12 août, le témoin et sa

18 famille ont décidé de quitter Ljuboten. Ils ont vu des maisons en flammes

19 dans la partie haute du village. Alors qu'ils étaient en route vers Skopje,

20 ils ont été arrêtés par la police près d'un poste de contrôle, puis au

21 poste même la police a fouillé le témoin et d'autres villageois albanais

22 qui ont été aussi frappés.

23 Puis, ils ont été emmenés au poste de police où ils ont été

24 contraints de franchir une double haie de policiers qui leur ont assenés

25 des coups alors qu'ils entraient dans le bâtiment. Ce témoin et les autres

26 villageois ont aussi été frappés dans le poste de police. Après minuit, ce

27 témoin et les autres ont été transportés au poste de police de Karpos. De

28 40 à 50 villageois y étaient détenus. Eux aussi ont subi des mauvais

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1 traitements. Le témoin a été soumis au test à la paraffine, et on lui a dit

2 que les résultats étaient positifs. Il n'en demeure pas moins que lui ainsi

3 que les autres ont été emmenés dans un bâtiment près du tribunal de Skopje

4 et relâchés dans la rue. Ils avaient parcouru une cinquantaine de mètres

5 lorsque d'autres policiers se sont approchés d'eux et les ont frappés avant

6 de les emmener au poste de police de Bit Pazar, où ils ont été de nouveau

7 frappés.

8 Ils ont été relâchés avant l'intervention d'un officier supérieur de

9 la police du poste de police de Bit Pazar aux premières heures du matin le

10 13 août. Il souffre de maux de têtes, de céphalées, et de douleurs à la

11 poitrine suite à ces mauvais traitements.

12 Est-ce qu'après avoir été relâché en août 2001, vous avez été interrogé par

13 la police de Macédoine à propos de ce qui s'était passé en août 2001 ?

14 R. Non, jamais.

15 Mme REGUE : [interprétation] Peut-on présenter dans le système du prétoire

16 électronique la pièce 199.33 de la liste 65 ter, page 545, numéro ERN N004-

17 4984. C'est la même photo que celle que vous pouvez voir à la page 18 du

18 classeur, photo B.

19 Q. Monsieur le Témoin, qu'est-ce que vous voyez sur cette photo ?

20 R. C'est le poste de police de Butel, vu de l'arrière.

21 Q. Au paragraphe 11 de votre déclaration, vous dites que vous avez été

22 emmené ici dans la nuit du 11 ou 12 août, et que vous avez dû franchir une

23 double haie de policiers.

24 Mme REGUE : [interprétation] Peut-on avoir l'aide de M. l'Huissier ?

25 R. Oui.

26 Q. Monsieur le Témoin, est-ce que vous voyez l'endroit où se tenaient ces

27 policiers formant une double haie ce jour-là ? Vous voyez ?

28 R. Oui.

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1 Q. Est-ce que vous pourriez indiquer par une ligne et par entrer l'endroit

2 où se trouvaient ces hommes.

3 R. Ici. Ils étaient alignés ici. Ils formaient une double haie. C'est là

4 qu'ils nous ont frappés, et c'est par là qu'ils nous ont forcés à entrer.

5 Mme REGUE : [interprétation] Je précise au dossier que le témoin a tracé

6 une ligne sur la partie droite de cette photo que je cherche à verser au

7 dossier.

8 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Il sera versé au dossier. Mme LA

9 GREFFIÈRE : [interprétation] Ce sera la pièce P204 [comme interprété].

10 Mme REGUE : [interprétation] Pas d'autres questions.

11 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Je vous remercie infiniment.

12 Maître Residovic, vous avez la parole.

13 Mme RESIDOVIC : [interprétation] Merci beaucoup.

14 Contre-interrogatoire par Mme Residovic :

15 Q. [interprétation] Bonjour, Monsieur Ajrullai.

16 R. Bonjour.

17 Q. Je m'appelle Edina Residovic. Je défends les intérêts de M. Ljube

18 Boskoski. Dites-moi, Monsieur le Témoin, est-ce que vous pourriez attendre,

19 quand je vous ai posé une question, attendez d'avoir reçu l'interprétation

20 dans votre langue, ainsi que l'interprétation en anglais de façon à ce que

21 les Juges et toutes les personnes ici présents entendent ma question et

22 entendent votre réponse également. De cette façon, je pense que la Chambre

23 pourra suivre votre déposition.

24 M'avez-vous comprise ?

25 R. Oui.

26 Q. Monsieur Ajrullai, vous êtes né à Ljuboten, et c'est toujours là que

27 vous vivez; est-ce bien cela ?

28 R. Je suis né à Skopje, mais j'habite à Ljuboten.

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1 Q. Merci. Vous avez fait une école de mécanicien auto; est-ce exact ?

2 R. Non. Non, j'ai simplement travaillé comme mécanicien.

3 Q. Vous avez été mécanicien, même si en 2001 vous n'aviez pas terminé

4 l'école que vous fréquentiez ?

5 R. J'ai simplement travaillé en tant que mécanicien.

6 Q. Fort bien. Merci. Je pense que dans votre déclaration préalable vous

7 avez dit un peu plus précis que cela, mais peu importe, ce n'est pas si

8 significatif que cela. Vous venez de dire quel était votre métier aux Juges

9 de la Chambre.

10 Mais dites-moi, est-ce que vous aviez du travail en 2001 ?

11 R. Non.

12 Q. En 2001, vous étiez déjà marié et vous habitiez avec votre femme et

13 deux enfants dans la maison familiale; est-ce exact ?

14 R. Oui.

15 Q. Lorsque vous avez fourni votre déclaration aux enquêteurs du TPIY, vous

16 aviez deux enfants, également un fils et une fille; est-ce exact ?

17 R. Oui.

18 Q. Maintenant, vous avez trois enfants; une petite fille de plus; est-ce

19 exact ?

20 R. Oui.

21 Q. Est-il exact de dire que le 10 août 2001, non loin de votre village,

22 plus exactement à Ljubotenski Bacila, une mine antipersonnel qui avait été

23 posée par les membres de l'armée nationale de libération albanaise a tué

24 huit soldats et en a blessé plusieurs. Je parle des soldats de l'armée de

25 la République de Macédoine ?

26 R. Je ne suis pas au courant. Je n'ai pas assisté à cela.

27 Q. Est-ce que vous n'étiez pas au courant, ou est-ce que vous dites

28 simplement que vous n'avez pas vu ce qui s'est passé ?

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1 R. Je ne l'ai pas vue, mais j'en ai entendu parler à la télévision ou à la

2 radio.

3 Q. Est-il exact de dire que dès que vous avez appris cette nouvelle, vous

4 avez pu voir qu'on a tout de suite commencé à tirer sur le village avec des

5 armes à feu, avec des obus, et ça s'est passé le vendredi 10 août; est-ce

6 exact ?

7 R. Oui.

8 Q. Vous savez que certains des villageois de Ljubanci ont participé à la

9 pose de ces mines ?

10 R. Je ne sais pas.

11 Q. Mais est-ce que vous savez c'est qu'après l'explosion de cette mine,

12 trois personnes en armes sont entrées dans le village de Ljuboten ? Est-ce

13 que vous êtes au courant de ce fait-là ?

14 R. Je ne sais pas. Je ne les ai pas vues.

15 Q. Mais, vous qui étiez un jeune homme dans ce village, vous aviez l'âge,

16 à l'âge qui faisait de vous un candidat potentiel pour prendre les armes,

17 pour servir dans l'armée ?

18 R. Est-ce que vous pourriez répéter votre question ? Je ne l'ai pas bien

19 comprise.

20 Q. Avant 2001, vous avez servi dans l'armée de la République de Macédoine,

21 après quoi vous êtes resté dans les forces de réserve de l'armée de

22 Macédoine; est-ce exact ?

23 R. Excusez-moi, mais est-ce que vous pourriez répéter une fois de plus ?

24 Je ne parviens à comprendre l'interprétation que je reçois.

25 Q. Dites-moi, est-ce que vous savez que les gens qui avaient 18 ans ou

26 plus étaient, ou sont dans la plupart des Etats, des réservistes de l'armée

27 de l'Etat en question, et c'est notamment vrai en République de Macédoine ?

28 Est-ce que vous le savez ?

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1 Mme RESIDOVIC : [interprétation] Ici, on parle de réservistes militaires

2 dans le compte rendu d'audience. Je parle de conscrits.

3 Q. Comme vous avez été comme d'autres jeunes conscrits, est-ce que vous

4 l'êtes resté ?

5 R. J'étais soldat dans l'armée de la République de Macédoine et j'ai

6 terminé mon service militaire. C'était l'obligation que j'avais envers mon

7 pays. Après cela, je n'ai pas reçu d'invitation à rejoindre les forces

8 armées.

9 Q. Mais vous n'avez jamais rejoint les forces de l'Armée de libération

10 nationale ni celle de l'UCK, même si vous saviez à l'époque que dans cette

11 crise il y avait des combats opposant l'ALN, l'Armée de libération

12 nationale et les forces de sécurité de la République de Macédoine; est-ce

13 exact ?

14 R. Excusez-moi, mais je ne comprends pas votre question. Pourriez-vous la

15 répéter ?

16 Q. En 2001, vous saviez, n'est-ce pas, que dans certaines parties de la

17 République de Macédoine il y avait des combats opposant l'ALN et l'armée de

18 la République de Macédoine et les forces de police. Ceci, vous le saviez,

19 n'est-ce pas ?

20 R. Oui, j'en ai entendu parler dans les nouvelles.

21 Q. Cependant, vous n'avez pas rejoint l'ALN à quelque moment que ce soit ?

22 R. Non.

23 Q. Cependant, vous saviez qu'il y avait un bon nombre de gens, de jeunes,

24 du village de Ljuboten qui, eux, ont rejoint les rangs de l'ALN, n'est-ce

25 pas ?

26 R. Je n'ai vu aucun de ces jeunes en uniforme.

27 Q. Vous ne les avez peut-être pas vus, mais vous saviez qu'il y avait

28 beaucoup de jeunes du village de Ljuboten qui avaient rejoint l'ALN, n'est-

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1 ce pas ? Est-ce que vous le saviez ?

2 R. Non, non, non. Je ne connais aucun des membres. Je ne suis pas du tout

3 au courant.

4 Q. Vous ne m'avez peut-être pas bien comprise. Je sais que vous, vous

5 n'étiez pas membre. Mais est-ce que vous connaissez, ou plutôt, vous dites

6 ne pas connaître de gens qui, eux, auraient été membres de l'ALN ?

7 R. Non, je n'en connais pas.

8 Q. Est-il exact de dire que le 10 août, après l'explosion de la mine à

9 Ljubotenski Bacila, on a commencé à tirer sur le village depuis les

10 positions tenues par l'armée de la République de Macédoine au nord du

11 village ?

12 R. Oui.

13 Q. Vous, vous étiez dans la rue et vous avez pu voir les balles qui

14 frappaient la rue, la chaussée, les murs, n'est-ce pas, des maisons ?

15 R. Oui.

16 Q. En raison des positions tenues par l'armée, déjà avant cet événement,

17 elles étaient dans les collines, n'est-ce pas, au-dessus du village ? Vous

18 saviez que ces tirs venaient des positions de l'armée, mais vous n'avez pas

19 pu voir qui tirait; est-ce bien cela ?

20 R. Oui.

21 Q. Comme il y avait des impactes de balles dans la chaussée, est-ce que

22 vous ainsi qu'un homme plus âgé, vous avez essayé de vous abriter, de vous

23 réfugier derrière un mur de maison ?

24 R. Oui.

25 Q. Votre maison est à peu près à 100, 150 mètres du cimetière, en

26 direction de l'école de Ljuboten, n'est-ce pas ?

27 R. Oui.

28 Q. Sinon, vous pouvez dire aux Juges de la Chambre qu'à l'époque la

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1 plupart des maisons de Ljuboten avaient été construites de façon

2 traditionnelle, c'est-à-dire qu'il y avait une enceinte, un mur qui

3 entourait la cour, n'est-ce pas ?

4 R. Vous pourriez répéter votre question.

5 Q. Vous savez que la plupart des maisons de Ljuboten sont des

6 constructions traditionnelles dans la tradition albanaise, ce qui veut dire

7 qu'il y a un espace, celui de la cour, qui est entouré d'un mur, notamment

8 un mur qui sépare cette cour de la rue, de façon à assurer le caractère

9 privé de la vie familiale de la maison dans cette enceinte; est-ce exact ?

10 R. Ces murs, s'ils sont construits, c'est parce que la plupart des

11 habitants travaillent dans l'agriculture, cultivent le tabac. Ils ont

12 besoin de ces murs pour sécher le tabac. C'est pour cela qu'il y a ces

13 murs.

14 Q. La plupart de ces maisons avaient ces murs d'enceinte, n'est-ce pas ?

15 R. Oui, oui.

16 Q. C'est derrière un mur de ce genre que vous vous êtes cachés, vous et ce

17 monsieur plus âgé, pour ne pas subir les tirs, pour ne pas être touchés;

18 est-ce exact ?

19 R. Oui.

20 Q. Les murs qui sont ainsi construits autour des maisons font aussi que

21 les gens qui passent dans la rue ne voient pas ce qui se passe à

22 l'intérieur de la cour, ne peuvent pas regarder ce qui se passe dans la

23 maison ?

24 R. Non, non. Je vous l'ai dit déjà. Ces murs servent au séchage du tabac.

25 C'est surtout la culture du tabac qui se fait dans le village.

26 Q. Est-ce que vous voulez dire que si on passe dans une rue à Ljuboten,

27 même s'il y a un mur, on peut voir ce qui se passe dans les maisons, dans

28 les cours ou pas ?

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1 R. Non. Bien sûr, on ne peut pas voir.

2 Q. Fort bien. C'est simplement ce que je voulais établir.

3 Mais dites-moi, Monsieur Ajrullai, est-il exact de dire que ce sont

4 des rangées de maisons surtout dans le village, et que dans un quartier on

5 trouve surtout des gens qui appartiennent à une même famille ? Par exemple,

6 il y a famille Jusufi, Bajrami, Durmisina, Zendeli; donc, on a la famille

7 intime qui habite dans le même quartier. Les gens habitent les uns près des

8 autres. C'est de cette façon-là que le village a été construit ?

9 R. Oui.

10 Q. Il y a un instant vous avez dit que les gens sont surtout des

11 agriculteurs, et tout l'équipement agricole se trouve normalement dans la

12 cour. Je pense aux tracteurs, au carburant, au foin, au bétail. C'est

13 juste, n'est-ce pas ?

14 R. Oui.

15 Q. Si je vous disais que, par exemple, les granges où on engrangeait le

16 foin, s'il y avait un feu qui se déclarait dans une grange, si on mettait

17 le feu à du carburent, le feu se propagerait rapidement à la maison voisine

18 ou aux autres maisons à proximité si on n'essayait pas de maîtriser

19 l'incendie au départ ?

20 R. Bien sûr. Inévitablement, le feu va se propager.

21 Q. Dans votre déclaration préalable, vous dites que vous étiez dans votre

22 famille le vendredi après-midi, en compagne de votre femme et de vos

23 enfants, vous êtes allés chez Sulejman Zendeli où il y avait déjà une

24 trentaine de personnes; est-ce exact ?

25 R. Oui, c'est exact.

26 Q. Si vous y êtes allés, c'est parce que la maison de Sulejman Zendeli

27 avait une cave qui était plus grande et mieux aménagée que la vôtre ?

28 R. C'est vrai.

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1 Q. Vous êtes restés là jusqu'au dimanche après-midi, donc jusqu'au 12 août

2 dans l'après-midi. C'est bien cela, n'est-ce pas ?

3 R. Oui. On est restés jusqu'à 17 heures le dimanche.

4 Q. Pendant que vous vous trouviez dans cette cave, vous et d'autres hommes

5 qui s'y trouvaient, vous êtes sortis devant la maison. Vous avez fait tour

6 de la maison à plusieurs reprises pour voir ce qui se passait dans le

7 village, n'est-ce pas ?

8 R. Non, on était là.

9 Q. Je ne sais pas si je vous ai bien comprise. Est-ce que vous êtes sortis

10 plusieurs fois de la cave pour vérifier ce qui se passait dans le village ?

11 R. Non, nous ne sortions que lorsque nous devions répondre à des besoins

12 personnels.

13 Q. Donc dans votre déclaration, au paragraphe 6, vous déclarez que : "Nous

14 y sommes restés du vendredi après-midi jusqu'au dimanche à 17 heures. La

15 maison de Sulejman est proche de la mienne. Je suis sorti dans la cour

16 quelques fois pour vérifier ce qui se passait, mais je ne voyais rien de

17 particulier."

18 Alors, ce paragraphe n'est pas exact, puisque vous venez de nous dire le

19 contraire; est-ce le cas ?

20 R. Quand je sortais, je regardais autour de moi, bien évidemment, mais je

21 ne voyais rien de particulier, uniquement des flammes et des balles

22 lorsqu'elles venaient frapper la maison.

23 Q. Mais il y a quelques instants, vous m'avez dit que vous ne sortiez pas

24 pour voir ce qui se passait. Donc ce n'était pas toute la vérité, puisque

25 parfois vous sortiez et vous observiez, vous vouliez voir ce qui se passait

26 dans le village ?

27 R. Je vous l'ai dit. Je sortais pour répondre à des besoins personnels, et

28 il était normal qu'à ce moment-là je regarde autour de moi.

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1 Q. Mais ce n'est pas ce que vous dites dans votre déclaration. Vous dites

2 que vous êtes sorti plusieurs fois pour voir ce qui se passait, vous dites,

3 pour voir ce qui se passait. Ce n'est pas la même chose que ce que vous

4 nous dites aujourd'hui. Seriez-vous d'accord avec moi quand je vous affirme

5 cela ?

6 R. Quand je sortais, je regardais autour de moi. C'est normal. Mais je

7 sortais pour mes besoins personnels.

8 Q. D'autres personnes, d'autres hommes qui se trouvaient dans la cave sont

9 également sortis, sortis de la maison pour voir ce qui se passait; est-ce

10 exact ?

11 R. Je ne sais pas ce qu'ils ont fait.

12 Q. Mais alors, n'avez-vous vu personne qui sortait, ou est-ce que personne

13 n'est sorti ? Est-ce que vous étiez la seule personne à être sortie ?

14 R. Je vous parle de moi-même. Lorsque j'avais un problème, je sortais.

15 Quand je sortais, je regardais autour de moi, puis je revenais dans la

16 cave. Je ne sais pas ce que les autres ont fait.

17 Q. Merci. Vous avez également déclaré ne pas avoir constaté grand-chose;

18 est-ce exact ?

19 R. Tout ce que j'ai vu, c'était des flammes. C'est tout. J'ai vu des

20 flammes dans un coin du village. J'ai vu les choses brûler.

21 Q. Au paragraphe 6 de la déclaration préalable que vous avez donnée au

22 Procureur, vous avez dit : "Je suis sorti dans la cour quelques fois pour

23 voir ce qui se passait, mais je ne voyais rien de particulier. Je pouvais

24 uniquement entendre que les coups de feu et les pilonnages se

25 poursuivaient."

26 Ce n'est pas exactement la même chose que ce que vous nous dites

27 maintenant; est-ce exact ?

28 R. Je n'ai rien vu de particulier. J'ai uniquement vu des flammes, de la

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1 fumée, la fumée qui venait des grenades et des balles qui étaient tirées.

2 Mais je sortais pour mes besoins personnels.

3 Q. L'odeur et la fumée qui provenaient des coups de feu et des obus, cela

4 venait de tous les côtés. Vous entendiez qu'il y avait des tirs qui étaient

5 dirigés vers le village et qui provenaient du village; est-ce exact ?

6 R. Ils venaient de la colline. Ils étaient dirigés vers le village.

7 Q. Quand vous dites que cela venait de la colline, vous voulez dire qu'il

8 s'agit de la même colline d'où vous aviez entendu les coups de feu le

9 vendredi ?

10 R. Ils tiraient depuis une localité appelée Manastir. Ils tirent de cette

11 localité, ensuite, les obus venaient toucher le village.

12 Q. Vous avez dit que le dimanche à 17 heures, vous avez quitté la maison;

13 est-ce exact ?

14 R. Oui.

15 Q. Vous avez quitté la maison à ce moment-là, car c'est la première fois

16 que vous avez remarqué qu'il y avait un certain nombre de maisons dans la

17 partie élevée du village qui étaient en flammes; est-ce exact ?

18 R. Nous sommes partis parce qu'elles étaient en flammes.

19 Q. Mais ma question est : Est-il exact que vous avez quitté la maison de

20 Zendeli Sulejman parce que c'est à ce moment-là que vous avez remarqué

21 qu'un certain nombre de maisons dans la partie élevée de la ville, la

22 partie haute de la ville qui étaient en flammes ?

23 R. Oui.

24 Q. Auparavant, vous n'avez vu aucune maison qui était en proie aux

25 flammes; est-ce exact ?

26 R. Non, j'étais dans la cave et je ne pouvais rien voir.

27 Q. A ce moment-là, lorsque vous avez à plusieurs reprises quitté la cave,

28 que vous en êtes sorti, vous n'avez pas remarqué que certaines maisons

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1 étaient en proie aux flammes; est-ce exact ?

2 R. C'était la nuit que je sortais de la cave. Je ne pouvais pas en sortir

3 pendant la journée à cause des coups de feu. Je ne pouvais pas sortir la

4 journée. Je ne sortais que la nuit, j'assouvissais mes besoins personnels,

5 puis je rentrais rapidement.

6 Q. Le dimanche après-midi, vers 17 heures, vous avez vu que dans la partie

7 haute du village, plusieurs maisons étaient en proie aux flammes. A ce

8 moment-là, cela représentait quelques maisons. Est-ce que vous pouvez nous

9 dire le nombre exact ? Est-ce qu'il s'agissait de trois, quatre maisons ?

10 Vous souvenez-vous du nombre de maisons que vous avez vues en proie aux

11 flammes ?

12 R. Non, je ne m'en souviens pas.

13 Q. Toujours est-il que vous nous avez dit qu'il s'agissait d'un petit

14 nombre de maisons; est-ce exact ?

15 R. Je ne m'en souviens plus du tout. J'étais sorti rapidement, puis je

16 suis monté en voiture, et je suis parti rapidement. Il faisait nuit, et je

17 n'ai rien vu d'autre.

18 Q. A 17 heures, au mois d'août à Ljuboten, il fait nuit. Est-ce cela que

19 vous êtes en train de nous dire ?

20 R. Non, il ne faisait pas nuit.

21 Q. Donc il ne faisait pas nuit lorsque vous êtes montés en voiture et que

22 vous avez quittés le village ?

23 R. Oui, c'est exact.

24 Q. Avec votre femme, vos deux enfants et votre mère, vous êtes partis

25 ensemble ?

26 R. Ma mère n'est pas venue avec nous. Je ne suis parti qu'avec ma femme. A

27 mi-chemin nous avons rencontré une autre femme et nous l'avons prise avec

28 nous.

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1 Q. Vous êtes partis avec votre Golf de couleur rouge; est-ce exact ?

2 R. Oui, j'avais une Golf.

3 Q. Vous êtes partis pour Butel où votre beau-père habitait; est-ce exact ?

4 R. Oui.

5 Q. Votre frère Hazbi Ajrullai a également quitté le village avec son

6 véhicule.

7 R. [aucune interprétation]

8 Q. [aucune interprétation]

9 Mme RESIDOVIC : [interprétation] Excusez-moi. Je ne vois pas de réponse à

10 ma question précédente.

11 Q. Je vous demanderais de répondre à nouveau.

12 Est-il exact que votre frère Hazbi Ajrullai a quitté le village dans sa

13 propre voiture.

14 R. Il est parti après moi.

15 Q. Lorsque vous êtes arrivés près d'une localité appelée Kodra e Zajmit,

16 ou comme les Macédoniens l'appellent, Zaimovo Brdo, vous avez été contrôlés

17 par la police pour la première fois; est-ce exact ?

18 R. Non, avant d'y arriver, nous avons été arrêtés et contrôlés. Ils se

19 sont très mal comportés avec nous.

20 Q. Veuillez nous dire, cette localité, Kodra e Zajmit, est-il exact

21 qu'elle se trouve à environ trois ou quatre kilomètres de Buzalak ?

22 R. Je ne sais pas exactement. Jusqu'à Buzalak, cela peut représenter deux

23 ou trois kilomètres. Je ne sais pas exactement.

24 Q. En tout cas, ces deux localités ne sont pas les mêmes. Elles sont

25 éloignées de plusieurs kilomètres ?

26 R. Oui.

27 Q. Avant d'arriver au point où vous avez arrêté, vous avez vu de nombreux

28 civils du village de Radisani sur la route, ainsi qu'autour de la route et

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1 au point où vous avez arrêté lui-même; est-ce exact ?

2 R. Pouvez-vous répéter la question.

3 Q. En vous rapprochant du poste de contrôle, vous avez vu de nombreux

4 civils du village de Radisani, ils se trouvaient sur la route, autour de la

5 route et au poste de contrôle lui-même; est-ce exact ?

6 R. Il y avait des habitants de Ljuboten, mais je n'ai vu personne de

7 Radishan. Je n'en ai pas vus.

8 Q. Mais si je vous disais que ces civils s'y trouvaient et qu'ils

9 portaient des fusils de chasse, de pelles et d'autres choses, et qu'ils

10 s'en prenaient aux Albanais qui étaient sur la route, qu'ils les plaquaient

11 au sol et les passaient à tabac, seriez-vous d'accord avec moi pour le dire

12 ?

13 R. Pouvez-vous répéter la question.

14 Q. Si je vous disais que sur la route, le long de la route et au poste de

15 contrôle il y avait de nombreux civils de Radisani qui portaient des fusils

16 de chasse et qui portaient d'autres choses et qu'ils s'en prenaient aux

17 villageois qui se déplaçaient sur la route, ils les plaquaient au sol et

18 les passaient à tabac, cela serait-il exact ?

19 R. Je ne l'ai pas vu.

20 Q. De plus, si je vous disais que certains de ces civils avaient en main

21 un cocktail Molotov, cela serait-il exact ?

22 R. Non. Je ne l'ai pas vu, donc je ne pourrais pas vous en parler.

23 Q. Est-il exact qu'au poste de contrôle, en plus de vous, Halil Ajrullai

24 s'y trouvait également, Sulejman Zendeli, des frères et Adem Zendeli,

25 seriez-vous d'accord avec cela ?

26 R. Oui, ils s'y trouvaient.

27 Q. Votre frère, Hazbi Ajrullai, s'y trouvait en général; c'est exact ?

28 R. Oui.

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1 Q. Votre frère aurait également pu voir les civils dont je viens de vous

2 parler; est-ce exact ? S'ils s'y trouvaient, bien sûr.

3 R. Pouvez-vous répéter la question.

4 Q. Ce que je vous suggère, c'est que sur la route, le long de la route et

5 au poste de contrôle, il y avait des civils de Radisani. Vous me dites ne

6 pas les avoir vus. Je vous demande si votre frère s'y trouvait ? Vous

7 m'avez dit que oui. Ensuite, je vous dis que si ces civils, qui, d'après

8 moi s'y trouvaient, alors votre frère aurait, lui aussi, dû les voir; est-

9 ce exact ?

10 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Oui, Madame Regue.

11 Mme REGUE : [interprétation] Le témoin ne peut pas s'exprimer au nom de son

12 frère. Il peut dire si c'est ce qu'il a vu et la question a déjà été posée

13 plusieurs fois.

14 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] La deuxième partie est tout à fait

15 exacte.

16 Mme RESIDOVIC : [interprétation] Madame et Messieurs les Juges, le témoin a

17 confirmé que son frère s'y trouvait. Je parle d'un grand nombre de civils

18 du village de Radisani. J'aimerais indiquer au témoin la déclaration de son

19 frère pour voir si le témoin peut bel et bien se souvenir de ce qui s'est

20 passé au poste de contrôle et autour du poste de contrôle.

21 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Le témoin a déclaré qu'il ne les avait

22 pas vus, si je l'ai bien compris. Vous pouvez lui montrer cette pièce pour

23 voir si son frère les a bien vus.

24 Mme RESIDOVIC : [interprétation] Très bien.

25 M. LE JUGE PARKER : [aucune interprétation]

26 Mme RESIDOVIC : [interprétation] Pour cette raison, je voudrais voir s'il

27 savait que son frère s'y trouvait.

28 Je demanderais qu'on montre au témoin la pièce 1D502 de la liste 65 ter à

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1 la page 1D4592. Il s'agit de la version anglaise, il s'agit du point 4.

2 Dans la version albanaise, il s'agit de la page 1D4601.

3 Q. Avez-vous ce texte devant vous ? Je vous demanderais de vous pencher

4 sur le point 4, la dernière phrase -- pardon. Je vais d'abord vous demander

5 si Hazbi Ajrullai est votre frère ?

6 R. Oui.

7 Q. Veuillez lire cette dernière phrase où il est dit : "Lorsque je me suis

8 arrêté, j'ai vu que mes cousins et oncles avaient également été arrêtés. Je

9 me souviens que mon frère Sherafedin s'y trouvait, de même que mon oncle

10 Halil Ajrullai, Sulejman Zendeli et ses frères Suat, Bejtulla et Adem

11 Zendeli. Bien sûr, ils étaient tous avec leurs familles."

12 Donc, s'agit-il de ce que vous avez dit, que toutes ces personnes étaient

13 présentes au poste de contrôle lorsque vous vous y trouviez; est-ce exact ?

14 R. C'est ce que dit mon frère, pas moi.

15 Q. Cependant, il y a quelques minutes, je vous ai demandé si votre frère

16 Halil Ajrullai, Sulejman Zendeli et les frères Sulejman et Zendeli se

17 trouvaient au même endroit, et vous avez dit que oui. Est-ce que cela

18 signifie qu'en fait ils ne s'y trouvaient pas à ce moment-là ?

19 R. Ils s'y trouvaient, mais si vous voulez vérifier les dires de mon

20 frère, vous feriez mieux de lui poser la question, et pas à moi.

21 Q. Je vous demande de répondre à mes questions si vous connaissez la

22 réponse aux questions que je vous pose, et je vous en serais très

23 reconnaissante.

24 Je demande maintenant que l'on montre au témoin la pièce 1D502, à la page

25 1D4593, et en version albanaise, la pièce 1D4602, le point 6.

26 Je vous demanderais d'examiner le milieu de ce point qui commence par la

27 phrase suivante : "Je pourrais voir qu'il y avait de nombreux civils du

28 village de Radishan dans le champ à côté de la route aux alentours du poste

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1 de contrôle et dans la localité où la police nous a arrêtés. Les civils

2 portaient des fusils de chasse, des bâtons, des haches et d'autres objets

3 en main et ils arrivaient à tirer les Albanais de la route, les traînaient

4 jusqu'au champ et les passaient à tabac. Je me souviens que certains des

5 civils avaient en main un cocktail Molotov. Il est clair qu'ils avaient

6 entendu dire que la population allait passer et les cocktails Molotov

7 devaient servir à les empêcher de passer. J'ai vu Ace Milenkovski, le maire

8 de Cair, qui se trouvait dans la Chambre avec les civils. J'en suis sûr

9 puisque je le connaissais. J'avais même voté pour lui pendant les

10 élections."

11 Est-ce que vous pensez que votre frère avait raison de dire des choses

12 qu'il n'avait pas en fait vues ?

13 R. Je ne sais pas. Demandez-lui.

14 Q. Je vous ai lu la déclaration de votre frère, et vous souvenez-vous

15 maintenant de ce que sur la route, le long de la route et au poste de

16 contrôle il y avait des civils du village de Radisani ? Ils étaient armés

17 de tous ces objets qu'a énumérés votre frère ?

18 R. Je vous ai dit que je ne les avais pas vus. Pour ce qui est de la

19 déclaration de mon frère, posez-lui la question.

20 Q. Lorsque vous êtes arrivé devant le poste à Butel, il y avait également

21 de nombreux civils présents; est-ce exact ?

22 R. Oui.

23 Q. Et ces civils étaient armés de nombreuses armes; est-ce exact ?

24 R. Non, je ne les ai pas vus. J'ai juste vu qu'il y avait certains civils.

25 Je les ai vu en passant.

26 Q. Vous avez vu ces civils qui criaient, qui vous attaquaient pendant que

27 la police vous emmenait dans le poste de police de Butel ?

28 R. Pourriez-vous reformuler votre question ?

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1 Q. Ces civils qui se trouvaient près du poste de police de Butel, qui

2 criaient et qui tiraient vers vous, les villageois, vous, les villageois

3 qui étaient emmenés au poste de police par la police ?

4 R. Je ne les ai pas vu donner de coups.

5 Q. Et la police, comme c'était le cas au poste de contrôle, a essayé

6 d'empêcher les civils de battre les villageois; est-ce exact ?

7 R. Les policiers étaient des policiers en civil. La police a intercepté

8 les civils dont vous parlez. Ces civils essayaient d'entrer, mais la police

9 ne leur a pas permis.

10 Q. Merci.

11 Mme REGUE : [interprétation] Madame, Messieurs les Juges, je sais que c'est

12 un peu tard, mais dans la question je vois qu'il y a en fait deux

13 questions. Mon éminente consoeur parlait de police et du comportement de la

14 police au poste de contrôle qui avait essayé d'interrompre les civils. Le

15 témoin n'a jamais déclaré que la police au poste de contrôle a essayé

16 d'intercepter les civils.

17 Je voudrais juste demander quelque chose.

18 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Je pense que la réponse a clarifié sa

19 position. Merci.

20 Mme RESIDOVIC : [interprétation]

21 Q. Monsieur Arujllai, si je vous disais qu'il n'y avait pas de rangée de

22 policiers devant le poste de police de Butel, et que c'était en fait des

23 civils qui ont essayé de s'en prendre aux villageois alors que les

24 policiers essayaient des les empêcher de s'en prendre aux villageois, ce

25 serait bel et bien la vérité; est-ce exact ?

26 R. Non, ce n'est pas exact. Lorsqu'ils nous ont emmenés au poste de

27 police, il y avait deux rangées de policiers, et nous sommes entrés dans le

28 poste de police pendant qu'ils nous frappaient. Nous sommes entrés dans une

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1 des cellules du poste de police pendant qu'ils nous frappaient; ils, étant

2 les policiers.

3 Q. Monsieur Arujllai -- non, je vais vous poser une autre question tout

4 d'abord.

5 Vous savez probablement que le test du gant à la paraffine est utilisé

6 lorsque l'on soupçonne la présence de la poudre de fusil ou d'autres

7 particules sur les mains d'une personne. Est-ce que vous êtes au courant de

8 cette procédure ?

9 R. Pourriez-vous répéter votre question.

10 Q. Savez-vous que le test du gant à la paraffine est souvent utilisé pour

11 s'assurer qu'il y a de la poudre sur les mains d'une personne, ou d'autres

12 particules de nitrate présents sur les mains d'une personne ? Etes-vous,

13 d'une façon générale, au courant de cette procédure ?

14 R. Non, je ne suis pas au courant.

15 Q. Dans le poste de police de Karpos, vous avez subi ce test du gant à la

16 paraffine; est-ce exact ?

17 R. Je ne pouvais même pas lever les yeux à cause d'eux. Donc, je ne sais

18 pas ce qu'ils faisaient.

19 Q. Ils nous ont dit qu'ils procèdent à ce test pour voir si vous aviez

20 tenu un fusil dans les mains et si vous aviez tiré. Vous avez dit que vous

21 n'avez jamais eu d'arme en main depuis que vous aviez quitté l'armée; est-

22 ce exact ?

23 R. Pourriez-vous, s'il vous plaît, répéter la question.

24 Q. Les officiers de police qui vous ont fait passer ce test à la paraffine

25 vous ont dit qu'ils voulaient s'assurer que vous aviez tiré avec une arme,

26 et vous dites que vous n'avez pas tenu d'arme en main depuis que vous avez

27 quitté l'armée de la République de Macédoine. Est-ce que cette séquence

28 d'événements vous parait exacte ?

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1 R. Peut-être ai-je dit cela, mais parce que j'avais été frappé, suite aux

2 coups que j'avais reçus. Ils ont fait passé ce test du gant à la paraffine,

3 mais ce n'est pas ainsi qu'ils devraient procéder. J'ai été frappé. J'avais

4 la tête en bas, sous la table, et mes mains étaient sur la table. Donc, je

5 ne pouvais même pas lever les yeux. Ce n'est pas une façon de faire passer

6 le test du gant à la paraffine.

7 Q. Néanmoins, vous savez que pour avoir les résultats de ce test, il faut

8 effectuer des analyses en laboratoire, et qu'il n'est pas possible d'avoir

9 immédiatement les résultats de ce test et de savoir s'ils sont positifs ou

10 non.

11 R. Non, je ne sais pas.

12 Q. Dans la mesure où vous n'aviez pas tiré avec une arme, vous avez été

13 libéré. On vous avait fait repartir chez vous; est-ce exact ?

14 R. Vous avez raison. J'étais libéré après avoir été battu.

15 Q. Lorsque vous avez été libéré, certains officiers de police vous ont

16 rencontré dans la rue, et vous avez été à nouveau ramené au poste de police

17 de Bit Pazar; est-ce exact ?

18 R. Oui.

19 Q. Et alors, vous avez été incarcérés simplement parce que vous n'aviez

20 pas sur vous vos papiers d'identité; est-ce exact ?

21 R. Après avoir été libérés, on nous a dit d'aller tout droit, de marcher

22 tout droit et de ne pas aller à gauche ni à droite. Ils nous ont dit : Si

23 vous regardez à droite ou à gauche, nous vous tuerons. Dès que nous sommes

24 partis, nous avons été arrêtés par d'autres policiers. Nous n'avons pas eu

25 le droit de dire un mot. Ils nous ont fait couchés par terre, sur le sol,

26 puis un camion de la police s'est arrivé. Un camion de la police est arrivé

27 et nous avons été ramenés au poste de police de Bit Pazar où nous avons été

28 également frappés.

Page 4036

1 Q. Lorsque vous avez été libéré de Bit Pazar, vous êtes allé chez votre

2 beau-père, le père de votre femme, à Skopje, à Butel; est-ce exact ?

3 R. Non, je n'y suis pas allé ce soir-là. Le soir où j'ai été libéré, je

4 suis allé chez mon oncle, chez quelqu'un de la famille, en fait, c'est-à-

5 dire, l'oncle de mon père. De là, j'étais emmené à l'hôpital, un hôpital

6 privé du nom de Viktoria, où j'ai reçu une injection, une piqûre, parce que

7 je n'étais pas conscient. Puis, le matin, j'ai eu droit à une prescription

8 médicale et je suis ensuite arrivé chez mon beau-père.

9 Q. Merci pour cette clarification.

10 Pourriez-vous dire, s'il vous plaît, avant 2001, vous saviez ce qu'était le

11 baseball. Vous en aviez déjà vue, une batte de baseball. Vous en aviez déjà

12 vue.

13 R. Il s'agit d'une batte de baseball.

14 Q. Vous avez pu constater que c'était un instrument relativement

15 dangereux; est-ce exact ?

16 R. Je n'en avais jamais vue auparavant. La première fois que j'en ai vu

17 une, c'était au poste de police lorsque nous avons été frappés.

18 Q. En tant qu'adulte, vous savez également que si quelqu'un saute sur des

19 personnes qui sont couchées au sol, tout particulièrement lorsqu'il s'agit

20 de personnes adultes, les personnes sur lesquelles on s'acharne risquent

21 d'être blessées, dangereusement blessées; est-ce exact ?

22 R. Pouvez-vous répéter votre question, s'il vous plaît.

23 Q. Si une personne adulte saute sur le corps d'une personne couchée à

24 terre, alors il est sûr que cette personne risque d'être blessée, fortement

25 blessée; est-ce exact ?

26 R. Je ne comprends vraiment pas votre question.

27 Q. Si quelqu'un donnait des coups de pied à une personne, en portant des

28 bottes militaires, ou sauterait sur le corps d'une personne alors qu'il

Page 4037

1 porte des bottes militaires, il est clair que la personne couchée au sol,

2 la victime, risquerait d'être fortement abîmée ? Etes-vous d'accord avec

3 moi ?

4 R. Oui, c'est évident, cette personne serait certainement blessée.

5 Q. Le médecin que vous êtes allé voir à l'hôpital privé, l'hôpital

6 Viktoria, vous avez eu une piqûre et il n'a pas constaté de blessures

7 graves; est-ce exact ?

8 R. Je n'étais pas conscient lorsque j'ai été emmené à l'hôpital. Je sais

9 que l'on fait m'a fait une piqûre, ensuite j'ai repris conscience et le

10 médecin m'a dit : Ne vous inquiétez pas, vous vous en remettrez. Puis, j'ai

11 passé quelques radios, mais je ne sais pas très bien où elles sont.

12 Q. Vous n'avez aucun document médical justifiant de blessures sévères;

13 est-ce exact ?

14 R. J'ai passé des radios, mais je ne sais pas où se trouvent ces radios

15 aujourd'hui. Qu'est-ce que je peux dire d'autre ? J'avais mal partout sur

16 mon corps. J'avais mal à la tête, des céphalées.

17 Q. Si je vous disais que tout votre témoignage concernant ces coups portés

18 par une batte de baseball, de policiers qui vous marchaient sur le corps

19 pendant que vous étiez couché à terre, et qui vous ont frappé, ont sauté

20 sur votre corps en portant des bottes militaires, ceci ne serait pas exact;

21 est-ce bien le cas ?

22 R. Tout est correct. Tout ce que j'ai dit est exact.

23 Q. Pouvez-vous me dire, lorsque vous êtes allé, vous vous êtes rendu chez

24 votre beau-père et tout au long du chemin jusqu'à aujourd'hui, est-il exact

25 que vous n'êtes jamais allé au poste de police ou au ministère de

26 l'Intérieur pour faire un rapport sur les personnes qui vous auraient

27 frappé ces jours-là, c'est-à-dire, les 12 et 13 août ?

28 R. Non, je n'y suis pas allé.

Page 4038

1 Q. Vous n'avez jamais déposé de plainte contre une personne connue ou

2 inconnue qui aurait perpétré ce crime auprès du bureau du procureur à

3 Skopje ou ailleurs; est-ce exact ?

4 R. Non, je ne l'ai pas fait.

5 Q. Vous n'avez jamais porté plainte auprès du comité qui avait été mis en

6 place par le ministère de l'Intérieur pour constater des abus commis par

7 les officiers de police à l'encontre de la population albanaise; est-ce

8 exact ?

9 R. Pourriez-vous, s'il vous plaît, répéter votre question.

10 Q. Vous n'avez jamais déposé de plainte auprès du comité du ministère de

11 l'Intérieur de la République de Macédoine qui a été mis en place pour

12 examiner et enquêter sur des abus commis par la police envers la population

13 albanaise. Est-il exact que vous n'avez jamais déposé une telle plainte ?

14 R. Non, je n'ai jamais déposé de plainte.

15 Q. Vous n'avez jamais écrit au comité, dans le cadre d'une pétition faite

16 par les citoyens, au comité mis en place par le ministère de la République

17 de Macédoine stipulant que vous avez été maltraité ou traité avec cruauté

18 par les officiers de police les 12 et 13 août. Est-il également exact que

19 vous n'avez jamais saisi le parlement sur ce point ?

20 R. Non, effectivement, je n'ai jamais fait de telles demandes.

21 Q. Vous ne voulez tout simplement pas parler à la police et aux autorités

22 de Macédoine parce que vous n'aviez pas confiance en elle à ce moment-là,

23 et que vous n'avez pas confiance en elle, non plus aujourd'hui; est-ce

24 exact ?

25 R. Non, je ne leur fais pas confiance.

26 Q. Deux ou trois jours plus tard, vous avez parlé aux représentants de la

27 communauté internationale, et ce n'est qu'à eux et à l'enquêteur de ce

28 Tribunal que vous avez parlé de vos expériences pendant ces deux journées;

Page 4039

1 est-ce exact ?

2 R. Pourriez-vous, s'il vous plaît, répéter votre question.

3 Q. Deux ou trois jours après votre libération, vous avez d'abord parlé aux

4 représentants ou à quelques représentants de la communauté internationale,

5 et ensuite vous avez déposé, fait une déclaration auprès de l'enquêteur du

6 TPIY ?

7 R. Je ne me souviens pas quand j'ai fait cette déposition.

8 Q. Puis-je me permettre de vous rafraîchir la mémoire ? Dans votre

9 déclaration qui est aujourd'hui un moyen de preuve et qui est votre

10 témoignage, vous avez dit : "J'ai été interrogé par un représentant d'une

11 organisation au centre commercial, et je sais que la personne qui m'a posé

12 des questions parlait français, mais je ne me souviens pas de quelle

13 organisation il s'agissait. Je ne me souviens pas du nom."

14 Est-il exact que vous ayez fait une déclaration auprès d'une organisation

15 internationale très peu de temps après votre libération ?

16 R. Oui, je l'ai faite, mais je ne me souviens pas quel jour je l'ai faite.

17 Q. Vous avez fait une déclaration auprès de l'enquêteur du TPIY ?

18 R. Oui.

19 Q. Vous étiez convaincu que l'organisation internationale auprès de

20 laquelle vous faisiez cette déclaration ainsi que l'enquêteur du TPIY

21 prendraient des actions, et si nécessaire, informeraient les autorités de

22 Macédoine sur la teneur de votre déclaration; est-ce exact ?

23 R. Je ne comprends pas votre question. Pourriez-vous la répéter.

24 Q. Lorsque vous avez fait cette déclaration auprès de cette organisation

25 internationale et auprès de l'enquêteur du TPIY, est-ce que vous pensiez

26 qu'il s'agissait d'instances devant enquêter sur

27 cet événement, ensuite en informer si nécessaire les autorités de Macédoine

28 ? Est-ce que c'est ce que vous croyez ? Est-ce la raison pour laquelle vous

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1 avez fait cette déclaration auprès de ces deux entités ?

2 R. Je ne comprends pas toujours pas votre question. Je vous demanderais de

3 la répéter une fois de plus.

4 Q. Vous avez dit avoir fait une déclaration auprès d'une organisation

5 internationale. Vous ne vous souvenez plus du nom de cette organisation.

6 Vous avez également fait une déclaration à l'enquêteur du TPIY. Est-ce que

7 vous vous souvenez m'avoir dit cela ?

8 R. Il est vrai que j'ai fait une déclaration à quelqu'un qui parlait

9 français. Je ne sais pas s'il s'agissait des personnes du TPIY ou

10 travaillant pour une autre organisation, mais il y avait deux personnes qui

11 parlaient français. C'est ce dont je me souviens. J'ai fait une

12 déclaration, mais je ne me souviens pas de qui il s'agissait.

13 Q. C'est que j'avais compris et je vous en remercie.

14 Ensuite, par la suite, en 2004, vous avez également été invité par un

15 enquêteur de ce Tribunal et vous avez également fait une déposition auprès

16 de cet enquêteur; est-ce exact ?

17 R. Oui, effectivement, j'ai fait une déclaration.

18 Q. Donc à deux reprises vous avez parlé à des organisations étrangères à

19 propos de ce que vous aviez vécu les 12 et 13 août; est-ce exact ?

20 R. Je ne me souviens pas.

21 Q. Donc si je devais vous rafraîchir la mémoire une fois de plus et vous

22 dire que dans votre déclaration que vous considériez comme exacte

23 aujourd'hui, vous avez dit que deux ou trois jours après les événements de

24 Ljuboten, vous avez eu un entretien avec un représentant d'une organisation

25 internationale au centre commercial de Caircanka et vous avez alors dit:

26 "Je sais que j'ai été interrogé par une personne qui parlait français, mais

27 je me souviens pas du nom de l'organisation," et ce que vous avez dit était

28 vrai. La première déclaration que vous avez faite a été faite deux ou trois

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1 jours après les événements de Ljuboten; est-ce exact ?

2 R. Je ne sais pas combien de jours après ces événements j'ai fait cette

3 déclaration.

4 Q. Mais vous avez fait une déclaration autant que vous vous en souveniez ?

5 R. Je ne me souviens pas.

6 Q. Alors, vous ne vous souvenez pas même après que je vous ai montré cela

7 ?

8 R. Je ne me souviens pas combien de jours après les événements. J'ai fait

9 une déclaration. Je me souviens qu'ils parlaient français, mais je ne sais

10 pas combien de jours après les événements cela s'est produit.

11 Q. Merci pour ces éléments de clarification.

12 Maintenant, ma question est la suivante : Est-il exact que vous avez décrit

13 à cet étranger parlant français, ensuite en 2004 à l'enquêteur du TPIY,

14 vous avez décrit ces événements parce que vous leur faisiez confiance; est-

15 ce exact ?

16 R. Oui.

17 Q. Est-il exact que vous pensiez que ces organisations, si nécessaire,

18 informeraient les autorités de la République de Macédoine sur tout cela ?

19 R. J'ai confiance dans le Tribunal de La Haye.

20 Q. Je vous demande la chose suivante : Est-il exact que ni ces

21 représentants francophones d'une organisation internationale ni l'enquêteur

22 du TPIY par la suite, ne vous ont dit que vous deviez comparaître devant un

23 tribunal pour parler de ces événements; est-ce exact ? Est-il également

24 exact que ces personnes ne vous ont jamais dit qu'il vous faudrait aller

25 devant un tribunal pour expliquer ce qui vous était arrivé ?

26 R. Je ne comprends pas votre question.

27 Q. Dites-moi, s'il vous plaît, est-ce que ces personnes parlant français

28 vous ont dit que vous deviez aller devant un tribunal ou au bureau du

Page 4042

1 Procureur, et que vous devriez décrire tout ce qui vous est arrivé ? Vous

2 l'ont-ils dit ou ne vous l'ont-ils pas dit ?

3 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Est-ce que vous voulez dire là, un

4 tribunal de la République de Macédoine ou le procureur de la République de

5 Macédoine ? Je pense que cela n'était pas clair pour le témoin.

6 Mme RESIDOVIC : [interprétation] Oui, merci.

7 Q. Est-ce que ces personnes parlant français qui se sont entretenues avec

8 vous quelques jours après les événements à Ljuboten, disaient qu'il vous

9 faudrait aller à Skopje pour comparaître devant un tribunal ou aller au

10 bureau du Procureur et raconter l'histoire, votre histoire, ce qui vous est

11 arrivé, ou est-ce qu'ils ne vous l'ont pas dit ?

12 R. Ils ne m'ont rien dit. Ils m'ont simplement posé des questions sur les

13 événements. Ils m'ont demandé de décrire ce qui s'était produit.

14 Q. Lorsque l'enquêteur du TPIY vous a demandé en 2004, vous a posé des

15 questions sur cet événement, est-ce que l'enquêteur vous a alors dit qu'il

16 serait bon pour vous de déposer un rapport ou de comparaître devant un

17 tribunal à Skopje ou d'aller au bureau du procureur et d'y raconter votre

18 histoire, ou est-ce qu'on ne vous a rien dit de semblable ?

19 R. Pourriez-vous, s'il vous plaît, me poser des questions plus courtes,

20 plus concises, parce que je ne comprends pas ces questions longues. Merci

21 infiniment.

22 Q. C'est moi qui vous remercie. Merci de me demander de poser des

23 questions plus claires. C'est précisément ce que je vais faire.

24 Est-ce qu'en 2004, les enquêteurs du Tribunal international de La Haye vous

25 ont informé ou ont laissé entendre que vous pouviez aller auprès du

26 ministère public ou des tribunaux de Skopje pour y relater ce que vous

27 aviez à dire, ou est-ce qu'on ne vous a rien dit de la sorte ?

28 R. Je ne m'en souviens pas.

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1 Q. Vous ne en vous en souvenez pas. C'est bien cela, ce que vous nous

2 dites ?

3 Mme REGUE : [interprétation] Monsieur le Président.

4 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Oui, Madame Regue.

5 Mme REGUE : [interprétation] On a déjà posé plusieurs fois la même question

6 au témoin, et nous ne voyons pas quelle est la pertinence en ce qui

7 concerne le TPIY

8 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Je vois bien la pertinence, mais je

9 pense que le témoin a dit clairement ce qu'il en était. Il n'a été avisé de

10 cela ni en 2001 ni en 2004. On ne lui a pas conseillé ou on ne l'a pas

11 informé de la possibilité d'aller contacter les autorités de Macédoine.

12 Mme RESIDOVIC : [interprétation] Je vous remercie de cette précision,

13 Monsieur le Président. J'ai terminé le contre-interrogatoire de ce témoin.

14 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] C'est une césure parfaite. Nous allons

15 maintenant faire une pause d'une demi-heure. Nous reprendrons à 16 heures

16 20.

17 Monsieur le Témoin, nous allons maintenant faire une pause. Nous

18 reprendrons l'audience dans une demi-heure.

19 --- L'audience est suspendue à 15 heures 47.

20 [Le témoin quitte la barre]

21 --- L'audience est reprise à 16 heures 36.

22 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Monsieur Saxon, vous voulez intervenir

23 ?

24 M. SAXON : [interprétation] Oui, Monsieur le Président, le bureau du

25 Procureur a été informé du fait que le témoin qui est en train de déposer

26 ne se sent pas bien. Il a un gros problème de douleur à l'estomac, et la

27 Section des Victimes et des Témoins ne sait pas trop ce qu'il a. De toute

28 façon, le témoin n'est pas à même de poursuivre.

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1 Nous avions prévu M. Murati comme le témoin suivant. Il est arrivé

2 aujourd'hui, mais cette même Section des Victimes et des Témoins nous dit

3 que M. Murati est tout simplement épuisé. Il s'est levé à l'aube, a dû

4 prendre l'avion, et il serait vraiment préférable qu'il commence sa

5 déposition demain.

6 M. LE JUGE PARKER : [interprétation] Ce sont des témoins qui ne devaient

7 pas déposer trop longtemps, heureusement. Je pense qu'il sera possible de

8 terminer l'audition du témoin qui dépose actuellement demain et d'avoir le

9 témoin suivant. Je pense que c'est la meilleure chose à faire. Je pense que

10 tout le monde semble être d'accord. Je pense que c'est ce que nous devons

11 faire.

12 J'espère que le problème de ce témoin-ci n'est que provisoire. Vers la fin

13 de l'audience, il ne semblait pas vraiment être très bien.

14 Nous allons suspendre les débats, et nous reprendrons demain à 9 heures du

15 matin. J'espère que nous pourrons entendre les deux témoins qui pourront,

16 espérons-le, déposer et terminer leurs dépositions demain encore.

17 L'audience est suspendue.

18 --- L'audience est levée à 16 heures 39 et reprendra le vendredi 24 août

19 2007, à 9 heures 00.

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